San Antonio de Areco est l’un des villages les plus traditionnels de la région, situé au Nord Ouest de Buenos Aires, au cœur de la fameuse pampa humide.

Un peu d’histoire

Investit par les premiers colons espagnols à la fin du XVIIe siècle, Areco a la caractéristique d’avoir su conserver son style colonial mêlant architectures italienne et espagnole.

Cette petite ville de 25 000 habitants doit son nom à Saint Antoine de Padoue, saint catholique romain invoqué pour retrouver les objets perdus, recouvrer la santé ou encore exaucer un vœu.

Au XVIIIème siècle, les espagnols, venus conquérir les lieux, prient Saint Antoine de Padoue pour les protéger contre les nombreuses attaques des peuples originaires de la Pampa tel que les indiens Pampas, Mapuches et Querandíes… Le Saint leur concède cette grâce et c’est ainsi qu’en 1730 la première Chapelle San Antonio de Padua est construite en son honneur, donnant son nom éponyme à la ville.

C’est autour de cette paroisse que la vie de village se développe au XVIIIème siècle et que la figure du gaucho va naître. Ces hommes, souvent de sangs mêlés entre Espagnols, Indiens et Noirs, vont rapidement s’imposer comme les gardiens de la Pampa et même de tout le pays. Avec leur teint basané, c’est à cheval qu’ils parcourent depuis maintenant plus de trois siècles l’immensité des estancias Argentines pour prendre soin des bovins; alternant les taches quotidiennes de changement de pâturages, de marquage et de vaccination.

Un relais sur le Chemin Royal

San Antonio de Areco, situé sur la route reliant le Alto Peru au port de Buenos Aires, devient un point stratégique pour les nombreux voyageurs et commerçants qui parcourent les plus de 3 000 km du Camino Real. Le village fait alors office de relais postal ou « Puesto », et assure ainsi différentes fonctions telles que la vente de marchandises, l’hébergement ou encore les services postaux.

En raison de son emplacement, la commune voit sa population croître et accueille des personnages historiques comme José de San MartínCharles DarwinJosé Matías Zapiola, ou encore Juan Manuel de Rosas.

Au milieu du XIXème siècle, de nouveaux immigrants s’installent à San Antonio de Areco, d’origine espagnole, croate, italienne et irlandaise. Cet apport de diversité culturelle, mélangé à celle des gauchos, va laisser place à l’archétype de l’Arequero, l’habitant de San Antonio de Areco.

Le gaucho d’hier et d’aujourd’hui

C’est toute une identité qui gravite de nos jours autour du gaucho. Cet homme, autrefois vu comme un vagabond et bon à rien, est devenu aujourd’hui un symbole pour tout le pays. Il a su transmettre des valeurs qui lui sont propres comme l’honneur, la loyauté et la liberté.

C’est d’abord à cheval, dans la pampa, que le gaucho forge son identité, à une époque où barrières et clôtures n’existent pas encore et où chevaux et vaches, introduits par les espagnols, sont redevenus sauvages. Dans ces plaines fertiles recouvertes d’herbes grasses et dépourvues d’arbres, il chasse pour se nourrir, vend le cuir au marché noir et dort bien souvent à la belle étoile. C’est un nomade.

Quand les premiers grands propriétaires terriens installent leurs estancias, c’est naturellement que le gaucho, d’une habileté et d’un courage sans nom, se met à travailler dans ces immenses fermes de plusieurs milliers d’hectares.

L’accoutrement du gaucho

A San Antonio de Areco, il est coutume de croiser un gaucho fièrement perché sur son cheval, son béret planté sur la tête et son facón (couteau typique) arrimé dans le dos. Il porte aussi ce qu’on appelle en Argentine une bombacha, un pantalon large resserré aux chevilles et une paire d’alpargatas (espadrilles légères et confortables). Sa chemise, de couleur claire, fait ressortir des yeux perçants et une peau halée.

Il est en chemin pour pratiquer des jineteadas (rodéos), regrouper un troupeau de vaches ou simplement aller boire un maté dans l’estancia voisine en compagnie de ses amis.

Un artisanat riche et varié

La ville regorge d’ateliers d’artisans qui se transmettent savoir-faire et traditions depuis le XVIIIème siècle. La spécialité la plus développée et reconnue est celle de l’orfèvrerie, mais le tressage du cuir (soguería) n’est pas en reste. En bref, ils conçoivent quotidiennement des pièces de grande qualité destinées à l’esthétique et aux utilités des gauchos: harnachements, ceintures, couteaux, éperons… Certains de ces objets sont exposés comme des œuvres d’art dans différents musées de la ville et notamment au Musée Gauchesco Ricardo Güiraldes.

Aujourd’hui, plus d’une cinquantaine d’orfèvres et selliers se partagent les lieux et proposent également aux touristes de passage, des objets plus modernes comme des bijoux, des couverts ou des portes-monnaies… A San Antonio de Areco, il est aussi possible de rencontrer des céramistes, des tisseurs de laines, des peintres et même un excellent chocolatier!

Plus d’information : http://arecotradicion.com/fr et http://www.argentina.travel/fr

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